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Les câbles mortels de Kinshasa

07/03/2010 - commentaires

Les électrocutions sont de plus en plus courantes à Kinshasa. Les jours de pluie, les passants risquent leur vie en marchant dans les rues. Et pour cause : les câbles électriques sont posés à même le sol.

C'est la SNEL (société nationale d'électricité) qui est en charge de l'alimentation de la capitale du pays, Kinshasa. Mais les installations qui datent d'il y a plusieurs années manquent d'entretien et les habitants croisent régulièrement des câbles "errants" qui affleurent sur le bord des routes.  En France, la profondeur moyenne d'enfouissement des câbles est de 80 cm en moyenne, sachant que ceux-ci doivent être recouverts d'une gaine de protection bétonnée. 

Début janvier, une femme de 50 ans est décédée des suites d'une électrocution dans le quartier de Lingwala, situé à proximité du centre-ville. 

Selon les médias locaux, 130 décès enregistrés dans la capitale en 2007 sont dûs à des installations défectueuses du réseau électrique. Et la situation ne semble pas s'améliorer malgré les promesses de la SNEL.

 

  

"Malgré tous ces soucis, on paye régulièrement des factures très élevées"

 Témoignage de Stéphanie Nyota Muliri, 50 ans, travaille dans les relations publiques à Kinshasa en République démocratique du Congo.

 "Ces câbles sont un problème quotidien. Quand il pleut à Kinshasa, les rues sont recouvertes de grandes flaques, on ne voit plus les fils électriques et les passants qui marchent dessus meurent sur le coup, électrocutés.

 L'alimentation en électricité est catastrophique à Kinshasa. Il arrive que nous passions deux ou trois jours sans courant. Dans ces cas-là, on se débrouille nous-mêmes. Moi, je demande à quelqu'un de mon entourage de remplacer le câble défectueux qui arrive chez moi et d'aller le fixer directement dans la cabine de distribution. C'est très dangereux mais on n'a pas le choix. Comment peut-on vivre sans électricité ?

Les câbles que nous remplaçons nous-mêmes sont achetés sur les marchés. Il arrive même que les agents de la SNEL nous disent qu'ils veulent bien réparer l'alimentation mais à condition que nous fournissions le câble. Des quartiers entiers se cotisent pour s'en payer un.

Ce phénomène a abouti à la formation d'un véritable marché noir des fils électriques. Et quand le courant est coupé et que les quartiers sont plongés dans l'obscurité, des voleurs tentent d'arracher les fils pour les revendre [certains perdent la vie en volant des fils alimentés]. Ce problème contribue malheureusement à la montée de l'insécurité dans nos quartiers. 

Et malgré tous ces soucis, on paye régulièrement des factures très élevées. La dernière que j'ai reçue atteignait près de 50 euros alors que je n'ai eu du courant que 15 jours sur 30 ! "

A Matadi, chef-lieu du Bas-Congo au sud-ouest de Kinshasa, le vol des câbles du courant électrique est monnaie courante. Les voleurs les revendent aux abonnés de la Société nationale d’électricité (Snel) pour être raccordés.

Depuis près de 5 ans, le vol des câbles du courant électrique  gagne du terrain à Matadi. Ils sont vendus au marché et parfois par des journaliers de la Snel. Ceux-ci connaissent où s’en procurer. Un mètre coûte 5$. Beaucoup pointent carrément du doigt les agents et journaliers de  cette société. ‘’ Voler un câble sous tension, n’est pas donné à n’importe qui si ce n’est que par des habitués du courant.’’, explique un pensionné de la Snel. Cette structure de l’Etat qui détient le monopole de la desserte du courant électrique  n’en fournit pas  à ses abonnés. Et pour que les agents viennent rétablir le courant, il faut que les familles victimes se cotisent.

 

Pour un monsieur habitant l’avenue la tortue :’’ Aussi longtemps que la Snel ne livre pas les câbles et qu’elle continuera de fermer les yeux en utilisant ceux volés, les abonnés continueront de souffrir.’’. Un responsable de cette société a rejeté cette affirmation.  Pour lui, tous les fils conducteurs du courant électrique qui se vendent sur le marché ne sont pas forcément volés. Dans certains quartiers, des jeunes veillent la nuit pour sécuriser leur raccordement à la place de la police. Ils sont encouragés par Jean-Marc Nzeyidio, le Maire de Matadi

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